PLUS D'INFORMATIONS
Livres
Polio Québec offre deux livres sur la polio au Québec :
L'Histoire Vecue de la Polio au Québec
Walking Fingers - The Story of Polio and Those Who Lived With It
Pour plus d'informations, veuillez visiter la section Marchandise de notre site Web.
| English version |
HISTOIRE DE LA POLIO
La maladie
La poliomyélite est connue depuis l'antiquité. Par exemple, on a retrouvé une ancienne stèle égyptienne représentant un homme vraisemblablement en santé mais qui a une jambe amincie, croit-on, par la polio (voir la photo au haut de cette page). L'histoire nous rapporte également le fait que l'empereur romain Claudius boitait. On croit que, là aussi, il pourrait s'agir de séquelles de la polio. Toutefois, c'est en 1789 qu'on retrouve la première description clinique de la maladie qui fut rédigée par le médecin britannique Michael Underwood. On l'appela « maladie de Heine-Medin » suite à la publication du premier compte-rendu médical sur la polio rédigé par Jakob Heine (1840) et la première étude par Karl Oskar Medin (1890). De plus, parce que les épidémies touchaient principalement les enfants, la polio fut également appelée « paralysie infantile. »
Jusqu'à la fin du XIXe siècle, la polio était une maladie touchant surtout des enfants âgés de 6 mois à 4 ans. L'infection, lorsqu'elle était contractée tôt dans la vie, ne laissait généralement que de légères séquelles et immunisait la victime de façon permanente contre la maladie. Il est ironique que les améliorations apportées à la salubrité publique urbaine au XXe siècle aient diminué les occasions d'être exposé au virus, réduisant d'autant les chances d'acquérir naturellement l'immunité. Ceci donna lieu à des cas d'individus contractant la maladie à la fin de l'enfance, voir même à l'âge adulte. Ces victimes subirent des séquelles beaucoup plus sévères. Jusque dans les années 1950, les pourcentages des cas de paralysie et de décès augmentèrent, atteignant des niveaux de 5% de décès et de 37% de paralysie.
Le poumon d'acier
Le poumon d'acier (voir photo au haut de cette page) fut inventé à l'université Harvard et testé à l'hôpital pour enfants de Boston dès 1928. C'est à l'intérieur d'appareils de ce type qu'on plaçait une victime de la polio au pire de l'infection. En contrôlant la pression atmosphérique à l'intérieur du caisson entourant le corps du patient, l'appareil permettait à ses poumons de respirer quand ils étaient devenus trop faibles pour travailler par eux-mêmes. Bien que des milliers de vies aient été ainsi épargnées par le poumon d'acier, ce n'était en aucun cas un traitement préventif ou un remède contre la polio.
Le vaccin Salk
La première tentative mise au point d'un vaccin contre la polio fut celle de Maurice Brodie à l'université de New York en 1935. Il utilisa le virus prélevé dans la moelle épinière de singes, mais son vaccin se révéla impuissant à transmettre l'immunité recherchée aux humains. Au début des années 1950, un groupe de chercheurs à l'hôpital pour enfants de Boston a réussi à cultiver le virus à partir de tissus humains. Ceci mena, en 1952, au développement d'un vaccin par Jonas Salk de l'université de Pittsburgh. Le vaccin Salk se révéla efficace à 70% contre le virus de type 1, à plus de 90% contre les virus de type 2 et 3 et la polio dite bulbaire. Les campagnes d'immunisation qui suivirent (voir la photo au haut de cette page) dans les pays développés firent chuter le taux d'infection de façon significative. Depuis 1994, la polio a été complètement éliminée des Amériques, puis, en 2002, de l'Europe.
La polio dans le monde
En 1988, les Nations unies, par le biais de l'UNICEF et de l'Organisation mondiale de la santé, ont mis sur pied un programme d'éradication mondiale. En moins de 20 ans, ce programme a réussi à éliminer 99% des cas de polio. Cette maladie pourrait bientôt devenir la deuxième maladie totalement éradiquée par les humains (la première étant la petite vérole en 1979). Actuellement, le virus de la polio n'est présent qu'en Afghanistan, au Pakistan, en Inde et au Nigeria où la guerre et un réseau de santé limité nuisent encore aux efforts de distribution du vaccin.